27 juillet 2017

Je n'aime pas le féminisme

Alors que Simone Veil est tout juste entrée au panthéon, elle a déjà eu l'occasion de se retourner 3 fois dans sa tombe suite aux décisions prises par l'énergumène qui l'a placé là : entre la diminution de 25% du budget du secrétariat d'état à l'égalité entre les femmes et les hommes et la baisse des APL (les femmes font plus d'études que les hommes et je suis persuadé que les mères célibataires sont plus susceptibles de toucher l'APL que les hommes, mais je me trompe peut être, je n'ai pas trouvé de chiffres)... La nouvelle grande cause du quinquennat n'est clairement pas du côté de l'égalité homme-femme mais plutôt du côté de la suppression de l'ISF... Bref, contrairement au gouvernement en place, j'aime les femmes. Pour autant, je n'aime pas le féminisme. Tout d'abord, il n'y a pas un féminisme mais de multiples facettes dont certaines sont particulièrement extrémistes. D'autre part, le féminisme fait trop souvent oublier que les problèmes des femmes sont des problèmes que les hommes rencontrent également et je ne supporte pas la stigmatisation des femmes en position de victimes et des hommes en position d'oppresseurs.

Le féminisme à l'international

Je ne m'attarderai pas sur les problèmes qui sévissent à l'étranger. Il est évident pour toute personne sensée que les femmes de certains pays sont victimes d'abus inhumains, que les lois ne les protègent pas et que ces pays ne respectent pas la déclaration universelle des droits de l'Homme. Il est clair que la lutte des associations et organisations dans ces conditions est tout à fait louable, juste et nécessaire. Mon propos sera donc restreint au féminisme dans les pays où les femmes bénéficient d'autant si ce n'est de plus de droits que les hommes (je vous assure que c'est le cas).

Les différents types de féminismes, des extrêmes incompatibles

L'un des plus gros problème du féminisme vient de la multiplicité des propos. Si tout le monde est d'accord pour améliorer la condition des femmes dans la société, personne n'est d'accord sur la méthode à adopter. Quel que soit votre point de vue, vous avez tord aux yeux d'une partie des féministes. Si vous avez le malheur d'être un homme alors votre point de vue est tout simplement rejeté avant même que vous puissiez ouvrir la bouche. Les femmes elles-mêmes sont capables de se battre entre elles pour défendre leur vision de ce que doit être le féminisme. Si toutes défendent la liberté, certaines prônent l'exhibition et d'autres le droit de se cacher entièrement. Il y a pourtant des lois claires dans notre pays : l'exhibition est interdite, tout autant que le fait de cacher son visage ou de porter des signes religieux ostentatoires. Pour ce qui est des zones grises, il faut se demander où commence l'exhibition et à partir de quel moment une personne se dissimule trop ou arbore des signes religieux trop visibles. Il n'est pourtant que question de respect : se respecter soit-même comme respecter son entourage. Et c'est un problème qui incombe autant aux hommes qu'aux femmes.

Un problème de société

La condition de la femme est surtout un problème de société. L'image de la femme dans la société, à travers le marketing notamment, est particulièrement violente. La femme doit être mince, se maquiller, se faire belle et être une proie sans cervelle au marketing agressif qui leur demande d'être à la mode. C'est une insulte à la condition de la femme que je ne supporte pas. Et pourtant tant de femmes s'y soumettent et s'y complaisent. Je suis probablement une exception mais les femmes jolies ne m'intéressent pas, celles que je trouve belles sont celles qui ont un sourire sincère, des qualités humaines et un comportement en accord avec leurs convictions. Tant que les femmes se soumettront à cette image très réductrice de ce qu'elles peuvent réellement être, il y aura également des hommes qui se comporteront de la façon extrêmement réductrice de ce qu'ils peuvent être.

J'ai grandi entouré de femmes, j'ai vécu entouré de femmes. L'image que j'ai de la femme est celle d'une personne forte, indépendante, intelligente. La majorité des personnes que j'admire sont des femmes. Pendant mes études, j'ai toujours eu une femme en tête de classe. C'est cette image que j'aimerais voir véhiculée dans les médias. C'est cette image qui peut former les futures générations à vivre en harmonie, les femmes à s'émanciper et les hommes à les apprécier pour autre chose que leur physique. Mais assez peu de choses sont faites dans ce sens là, bien qu'on commence à apercevoir quelques spots publicitaires avec une approche plus positive. Cela permettrait également de voir des femmes plus souvent à des postes importants dans les entreprises.

Des droits à l'avantage des femmes

Bien sûr, le féminisme ce n'est pas simplement une question de liberté d'habillement ou d'une image véhiculée. Il s'agit surtout de la défense de certains droits. Et sur ce point, le problème réside surtout dans le fait que les hommes ont moins de droits que les femmes ! Et oui ! Si les hommes avaient un congé parental équivalent à celui de la femme, ils pourraient se consacrer davantage à la vie de famille et il y aurait beaucoup moins de discriminations à l'embauche pour les jeunes.

La législation favorise la femme dans tout ce qui concerne la famille. Lorsqu'il s'agit de la garde des enfants, la femme est souvent avantagée. Une femme peut faire un enfant et se barrer avec sans même que l'homme soit mis au courant... puis demander une pension alimentaire... Les hommes n'ont clairement pas ce privilège.

Quand au droit à l'avortement, qui est nécessaire pour éviter des drames familiaux et des vies pourries, il clair que les associations luttant contre sont totalement obscurantistes et stupides. Mais ce droit n'existe que pour les femmes. Si il est tout à fait juste qu'une femme puisse choisir de ne pas avoir un enfant, il serait tout aussi juste qu'un homme puisse également faire ce choix afin d'éviter des abus et des familles monoparentales, pas forcément adaptées au bon développement des enfants (pour la raison simple que le don d'ubiquité n'existe pas).

Des problèmes universels, pas seulement féminins

Passons finalement au point qui me pose le plus de problème avec le féminisme. Les femmes se plaignent de violences physiques ou sexuelles, de charge mentale... à juste titre... mais elles oublient trop souvent que les hommes aussi sont victimes des mêmes problèmes. Oui, certains hommes se font battre par leur femme, oui certains hommes subissent le comportement inapproprié de la part de certaines femmes, oui les hommes aussi savent ce qu'est la charge mentale...

Selon l'insee, 45% des violences physiques ou sexuelles sont subies par des hommes. Si on ne s'intéresse qu'aux violences sexuelles, elles concernent des hommes pour 25% d'entre elles. Il est vrai que les femmes en sont plus souvent victimes que les hommes, mais les hommes sont t-ils à ce point des connards que le discours féministe en fait totalement abstraction ? N'avons nous pas là un problème qui touche tout le monde, même si les proportions sont différentes ? Les hommes victimes n'ont-ils pas également besoin d'aide ? Et pourtant, il arrive que des hommes victimes se tournent vers des associations féministes qui leurs rient au nez quand ils se présentent. N'est-ce pas une forme de sexisme flagrante ?

Bien sûr, il est crucial de trouver des solutions aux violences. Mais il est également crucial d'arrêter de stigmatiser tout le monde en positionnant les femmes en tant que victime et les hommes en position d’agresseur, cela ne peut qu'amplifier les problèmes. Il serait bon également que d'une manière générale, la société travaille sur le fait d'éduquer à la résolution des problèmes de façon non violente, à la discussion, et à arrêter de vouloir des hommes et des femmes stéréotypés qui ne correspondent pas aux réelles attentes des gens.

Conclusion

Je suis un humaniste. Si les femmes ont un problème, cela me pose problème. Mais si le discours des féministes fait totalement abstraction des hommes ou les positionne constamment comme des salauds, cela me pose également un problème. Il y a véritablement un problème dans les relations femmes-hommes, mais je pense que la majorité des discours féministes sont totalement à côté de la plaque. Plutôt que de se concentrer sur certains problèmes, il faudrait voir le tableau dans son ensemble et travailler sur des solutions qui concernent tout le monde. Je ne dis pas que ce n'est pas fait, mais ça devrait l'être davantage. Il s'agit d'un problème de société et il faut du temps pour changer une société. Si tout le monde fait quelques efforts alors nous pourrons avancer dans la bonne direction. Bien entendu, je ne fais qu'évoquer mon point de vue. Certains diront que je suis féministe, ce que je suis certainement selon quelques définitions, mais je trouve ce terme sexiste et très réducteur. Je suis un être humain qui souhaite le bien-être de tous, quel que soit leur sexe. Je suis un humaniste.

Voir toute mon actualité.